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L’Eglise Orthodoxe, Qu’est-ce que c’est ?

Définition

L’église orthodoxe a gardé les enseignements du 1er millénaire du Christianisme, formulés dans la sainte Tradition et dans les saintes écritures, ainsi que par les pères et la plénitude de l’Eglise Indivise réunie dans les sept Conciles œcuméniques. Son nom vien des mots grecs : orthos = droit, juste et doxa = croyance, ou glorification.

Histoire

Au cours des siècles, l’Eglise orthodoxe a beaucoup souffert des soubresauts de l’Histoire, réussissant malgré tout à garder intact le trésor spirituel qui lui a été légué à la Sainte Cène par notre Seigneur Jésus Christ.

Ainsi, en 1054 le corps de l’Eglise a souffert du schisme entre l’Eglise romaine d’un côté et l’Eglise byzantine et les Eglise de l’Orient de l’autre. La séparation avait commencé en fait quelques siècles plus tôt et a été achevée par le sac de Constantinople lors de la IVème croisade (1204). Plusieurs conciles locaux ont essayé sans succès de réconcilier les chrétiens (Lyon 1274, Ferrare-Florence 1438-39). En 1453, la chute de l’Empire de Byzance a été un événement qui a laissé des traces profondes dans la mentalité des peuples orthodoxes.

Bien auparavant, l’expansion arabe d’abord, puis turque, et ensuite l’islamisation de nombreux pays en Moyen et Proche Orient, ont réduit l’aire de l’Orthodoxie. Malgré tout, l’Eglise orthodoxe a continué à vivre grâce au profond sentiment religieux des peuples qui ont continué à pratiquer la foi de leurs ancêtres même sous l’occupation ottomane.

Les Lieux Saints, la Sainte Montagne (le Mont Athos), le Mont Sinaï ont été aidés principalement par les Principautés roumaines (la Moldavie et la Valachie, qui n’étaient pas occupées par les Turcs) entre le XVème et le XVIIIème siècles et ensuite par l’Empire russe. Au XIXème siècle l’apparition des Etats nationaux mène à l’organisation des Eglises dans chaque pays orthodoxes. Mais le XXème siècle est de loin le siècle le plus dur que l’Eglise orthodoxe ait connu depuis les persécutions subies au début du christianisme.

Après la révolution bolchévique de 1917 et surtout après l’occupation soviétique de l’Europe Centrale et de l’Est, les massacre, les persécutions religieuses, la destruction des églises, la fermeture des monastères et la politique athée agressive des dictatures mises en place ont porté des coups terribles non seulement à l’Eglise mais à l’âme même des peuples orthodoxes (à l’exception de la Grèce qui – mis à part la guerre civile au début des années 50 – n’a pas connu le communisme et son cortège de malheurs).

Depuis 1989, l’Eglise a repris sa place et joue un rôle important dans ces pays. Son devoir pastoral est immense, pour guérir les blessures provoquées par des décennies de souffrances. Elle a aussi une action sociale à cause de la situation économique précaire, sans toutefois se laisser entraîner dans la politique, malgré certaines pressions.

En même temps, depuis le Concile Vatican II (1965), l’Eglise catholique romaine s’est rapprochée de la tradition des Pères ; ainsi, en moins de 40 ans – depuis la première rencontre entre le Patriarche de Constantinople Athénagoras et le Pape de Rome Paul VI en 1964 – les contacts ont été plus nombreux qu’en 900 ans de séparation. En mai 1999 le Pape Jean Paul II a été invité par l’Eglise de Roumanie, premier pays orthodoxe à accueillir un Pape depuis le schisme de 1054.

En effet, ce que les Orthodoxes et les Catholiques-romains ont en commun est très important. Il dépend de chacun d’entre nous, fidèles orthodoxes ou catholique-romains, que le chemin à parcourir jusqu’au rétablissement de la pleine communion entre l’Eglise catholique-romaine et les Eglises orthodoxes soit le plus court possible.

Sacrements et Culte

Sacrements

L’Eglise orthodoxe connaît principalement sept sacrements (ceux de l’Eglise catholique-romaine sont un peu différents)

  1. Le Baptême : Il est célébré par triple immersion, symbolisant la descente aux enfers et la Résurrection du Christ le troisième jour.
  2. La Confirmation ou l’Onction du Saint-Chrême : Dans l’Eglise orthodoxe, elle se fait tout de suite après le baptême.
  3. L’Eucharistie : Comme la confirmation, le première communion a lieu à la suite de la cérémonie du baptême. La communion se fait toujours sous les deux espèces : pain levé (et non azyme) et vin consacrés.
  4. Le Pardon et la Réconciliation : L’absolution est donnée par l’évêque ou le prêtre sous la forme « Que Dieu te pardonne… » et non « je te pardonne… »
  5. L’Onction des malades : Pour la guérison du corps et de l’âme, elle est, dans l’Eglise orthodoxe, pratiquée assez souvent, et pas seulement avant la mort (Extrême Onction).
  6. L’Ordination : L’Eglise orthodoxe a trois ordres majeurs : le diaconat, la prêtrise et l’épiscopat (conservés également par le Catholicisme-romain et certaines Eglises issues de la Réforme). Le prêtre et le diacre sont, dans les paroisses, généralement choisis parmis les hommes mariés. Ils ne peuvent plus se marier après l’ordination. Les évêques sont choisis parmis les moines ; un veuf devenu moine peut accéder à l’épiscopat. On doit rappeler que dans l’Eglise orthodoxe tous les évêques sont égaux, les titres de métropolite (évêque qui dirige plusieurs diocèses) et patriarche (chef spirituel d’une Eglise nationale) sont des titres de l’administration ecclésiastique qui confèrent une primauté parmis les égaux.
  7. Le Mariage : L’Eglise orthodoxe célèbre un sacrement du mariage, appelé « couronnement », qui lui est propre et qui fait suite à l’office de bénédiction de anneaux ou fiançailles. Le divorce est interdit par la traditions de l’Eglise et le mariage est unique : en cas de séparation irrémédiable, sous certaines conditions, et après examen de chaque cas, l’évêque peut donner sa bénédiction pour que soit célébré l’office dit « des secondes noces ».

Le culte liturgique

Les offices de l’Eglise permettent à la communauté des baptisés de se réunir pour écouter la Parole de Dieu, pour célébrer les gestes, rites, signes et actions dont le Christ invisiblement présent est l’auteur véritable : dans cette célébration, est communiquée la grâce du Saint-Esprit en réponse à la foi des fidèles. Ces différents offices, que culminent dans la « divine liturgie » (liturgie eucharistique), sont chantés sans instruments : l’être humain tout entier porte sans intermédiaire la Parole par son souffle, signe de l’Esprit-Saint.

L’icône

Image sainte, elle signifie de façon visible la réalité du monde invisible. Dieu s’est fait Homme pour être vu, entendu et touché : l’Incarnation du Verbe est le fondement de la vénération des icônes, du saint Evangile et de la Croix. La vénération des icônes – fenêtres ouvertes vers le divin – est l’un des caractères forts de l’Orthodoxie.

Organisation de l’Eglise

L’Eglise indivise du 1er siècle était organisée en Pentarchie, c’est-à-dire les cinq patriarcats, dans l’ordre : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem.

Il faut reconnaître que l’Eglise d’Orient reconnaissait au Pape de Rome un rôle important, celui de primus inter pares, le premier parmi les égaux. Il avait un rôle d’arbitrage dans certaines régions de l’Empire et son autorité était importante dans les conciles universels, appelés « oecuméniques ». Après la séparation de 1054, le Patriarche de Constantinople a repris dans le monde orthodoxe le rôle de primus inter pares : son autorité spirituelle est dont parmi les évêques et non sur eux. Il est notable que même pendant l’apogée de l’Empire Byzantin, le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel se sont généralement équilibrés.

En 1448, l’Eglise de Russie est déclarée autocéphale, suivie par l’Eglise de Grèce en 1833, l’Eglise de Serbie en 1879, l’Eglise de Roumanie en 1885 et celle de Bulgarie en 1945. L’autocéphalie, basé sur le principe canonique de la territorialité, est liée à la réalité de la vie nationale d’un pays. Cela ne doit pas troubler un chrétien occidental car c’est un fait objectif dû à l’Histoire. Le nombre total d’Orthodoxes dans le monde est d’environ 250 millions de personnes, nombre considérable, quoique moins important que celui des Catholiques-romains et des Réformés. Ils sont concentrés pour l’essentiel dans la moitié orientale de l’Europe, mais également en Amérique et en Australie.

Enseignement

L’Eglise orthodoxe est toujours restée fidèle à l’enseignement de l’Eglise indivise, à la théologie des pères de l’Eglise et des sept conciles oecuméniques. Elle n’a jamais senti le besoin de réaliser une synthèse entre la philosophie grecque classique et la théologie. Il n’y a pas eu non plus de développement scholastique comme en Occident. La théologie des Pères a continué à se développer jusqu’à nos jours, sans jamais changer le dogme chrétien des origines.

La théologie orthodoxe est la théologie de la prière comme seul moyen de contact avec Dieu. « Celui qui prie est théologien et théologien est celui qui prie » dit-on souvent.

Une des divergences dogmatiques qui ont contribué au schisme concerne la procession du Saint-Esprit (l’addition du mot latin filioque en Occident, à la fin du premier millénaire). Les Orthodoxes confessent que l’Esprit Saint procède seulement du Père (Jean 15,26) et le Credo toujours proclamée est celui de Nicée-Constantinople, du IVème siècle. La place et l’importance de l’Esprit-Saint sont fondamentaux pour les Orthodoxes, qui défendent l’équilibre trinitaire divin révélé aux débuts du christianisme.

La sainte Vierge est très honorée dans l’Orthodoxie, en tant que « Mère de Dieu », de notre Seigneur Jésus Christ : elle a effacé par son acceptation le péché d’Eve. Le dogme tardif de l’Immaculée Conception n’est pas acceptée par les Orthodoxes, car il usurpe le libre choix de la Vierge Marie et par conséquent son mérite personnel.

Le Monachisme

Dans l’Eglise orthodoxe tous les moines sont organisés et vivent leur foi selon la règle de saint Basile le Grand (IVème siècle). Les monastères, conduits par un higoumène ou starets (« vieux » en slavon), sont soumis dans la plupart des cas à l’autorité canonique de l’évêque du lieu. Il existe pourtant des monastères qui dépendent d’un autre monastère, plus important, situé ailleurs (stavropghias). Dans le monachisme orthodoxe il existe un équilibre entre vie contemplative et vie active et, comme en Occident, les moines et les moniales travaillent beaucoup pour subvenir aux besoins matériels de leurs communautés.

Il est à mentionner que l’un des fondateurs du monachisme occidental, saint Jean Cassien (Vème siècle), était originaire du territoire actuel de la Roumanie. Après avoir vécu 15 ans parmi les moines d’Egypte il fut envoyé à Rome par saint Jean Chrysostome et à la demande du Pape il partit en Gaule où il fonda des communautés religieuses dans la région de Marseille.

L’Orthodoxie en Roumanie

Les débuts du christianisme en Roumanie sont peu clairs, à cause surtout des milles ans d’invasions barbares, mais la tradition attribue son introduction à saint André l’apôtre. « Le peuple roumain est né chrétien » disait un historien et probablement avait-il raison. En effet, pour la plupart des peuples européens la conversion au christianisme est due soit à un saint, soit à un roi, et elle est en général datée avec précision. Ce n’est pas le cas pour le peuple roumain ; une des légions romaines qui a colonisé à partir du IIème siècle le territoire de l’ancienne Dacie, était originaire de Palestine.

Le christianisme s’est diffusé petit à petit dans le peuple, favorisé par le monithéisme des anciens habitants, les Daces, et par le fait que ce peuple avait déjà des gens qui pratiquaient une forme de monachisme. Ainsi,les Roumains – seul peuple orthodoxe d’origine latine – ont imprimé certains caractères spécifiques à l’Orthodoxie, en premier lieu la tolérance et l’esprit d’ouverture, parce que ce peuple n’a jamais été conquérant et qu’il a toujour accepté les autres.

Bien que sous domination ottomane pendant presque 400 ans, les Roumains ont gardé leur autonimie interne, le Turcs n’ayant jamais eu le doit de construire des mosquées ou d’acheter des terres en Roumanie. Cela a permis une vie spirituelle que n’ont pas connue les autres peuples des Balkans, dont les territoires faisaient partie intégrante de l’Empire Ottoman. La lanque roumaine a été introduite dans la liturgie dès le XVIIème siècle, ce qui a permis l’imprégnation profonde de l’Orthodoxie dans le peuple et la culture.

Même sous le régime communiste, malgré des périodes de répression alternant avec des périodes de tolérance relative, la plupart des églises sont restées ouvertes (des monastères ont été fermés ou détruits, mais en 1989 il y en avait encore une soixantaine qui fonctionnaient à peu près normalement) et – ce qui est le plus important – la vie sacramentelle de l’Eglise a continué.

L’Orthodoxie en Occident

Les bouleversements historiques du XXème siècle ont eu comme résultat la formation d’une diaspora (dispersion) orthodoxe en Occident. D’abord par les Russes après les événements de 1917, ensuite par les Grecs après 1922, puis par les autres peuples de l’Europe Centrale et de l’Est après la seconde guerre mondiale, les flux migratoires ont fait que les Orthodoxes sont maintenant présents et connus partout dans le monde, par exemple en Europe Occidentale et en Amérique.

Dans les pays d’Europe occidentale, des racines importantes de la tradition orthodoxe sont visibles, notamment par le témoignage des saints (saint Jean Cassien, sainte Geneviève, saint Patrick, …).

Le nombre total d’Orthodoxes recensés en France se situe aux alentours de 250.000 à 300.000 personnes, mais ils sont probablement beaucoup plus nombreux. La plupart d’entre eux, sans oublier les fidèles français de souche, est issue de l’immigration ; ils sont organisés, pour l’essentiel, sur des critères nationaux. Leurs évêques sont réunis dans l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, organe consultatif qui n’est pas encore une struture synodale. Ces évêques – tout en ayant une large autonomie dans leurs diocèses – font toujours partie des Saints-Synodes de leur pays d’origine, les seuls à avoir en dernière instance pouvoir de décision en ce qui concerne les questions de fond.

Les Orthodoxie d’ici et d’ailleurs considèrent qu’ils ont le devoir de transmettre leur foi à leurs enfants ; leur rôle est de témoigner avec les autres confessions chrétiennes le Royaume de notre Seigneur Jésus Christ, dans un monde de plus en plus matérialiste, sans vrai horizon spirituel et qui s’éligne souvent de l’Evangile. Ils pensent contribuer ainsi à restaurer l’unité des chrétiens, unité pour laquelle les Orthodoxes, et surtout les moines, n’ont pas cessé de prier depuis des siècles à chaque service religieux.

L’Eglise orthodoxe, tout en préservant la stabilité de son ecclésiologie traditionnelle et le respect des dogmes fondamenteurs du christianisme – et justement pour appliquer leur enseignement – est également présente dans le monde moderne. Depuis qu’elle est redevenue libren elle s’implique de plus en plus, comme elle l’a toujours fait, dans les oeuvres sociales, notamment vis à vis des plus démunis (à l’Est comme à l’Ouest), et intervient avec force auprès des plus hautes instances nationales et internationales dans les débats majeurs concernant la paix, l’écologie et la bioéthique, par des prises de positions appréciées, respectées et souvent appliquées.

L’Eglise ne se confond avec aucun système économique ou philosophique. Elle annonce le Royaume de Dieu. Les chrétiens sont loyaux envers l’Etat, mais leur soumission n’est pas servile. Ils dénoncent tout ce qui nuit à la personne humaine et n’ont d’autre programme à annoncer que l’Evangile lui-même.

D’après un document publié par le monastère orthodoxe « l’Exaltation de la Sainte Croix »
La Malvialle
63210 Rochefort-Montagne

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